Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 17:05
Copie de l'article publié sur l'ancien Blog le 15.10.2007 :

Black Monday : Le 19 Octobre 1987.


A l'heure où Wall Street se prépare à fêter le vingtième anniversaire du crash de 1987, je vous livre ici quelques commentaires sur la journée.


En fin de semaine précédente (le jeudi ou le vendredi) était sorti une nouvelle (sur les taux ou l'emploi, je ne me souviens plus), ce qui avait provoqué un début de glissade du marché : baisse de 3.81% pour le mercredi, baisse de 2.39% pour le jeudi et baisse de 4.6% pour le vendredi.  Mais ce qui est important, c'est que les médias (du moins en Europe), ont parlé de cette baisse tout le week-end, ressassant la news aux oreilles des investisseurs.


Ce lundi là, en arrivant à la Bourse, on me prévient que le bureau a demandé de leur sonner quand nous serions prêt car ils avaient déjà des ordres à transmettre.  Il faut savoir qu'à l'époque tout se faisait encore par retranscription via communication téléphonique et qu'il fallait avoir une bonne oreille, une belle écriture et une exellente articulation !  Bref, la journée de travail démarra 1 heure plus tôt, vers 10h30.  Alors que nous pensions juste nous mettre en avance, le flot des ordres continua à jamais........


Vers 11h30, devant la quantité d'ordres à assurer (le bureau nous informant que de leur côté le téléphone n'arrêtait pas de sonner), les arbitragistes et les délégués sont réquisitionnés pour donner un coup de main.  Au début, il y eut quelques râles puis la bonne humeur refit surface avec l'excitation et le sentiment de vivre quelque chose d'extraordinaire.  Cela se termina même en compétition : voir celui qui retranscrirait le plus de contrats !  De toute façon pour l'arbitrage,  ce fut aussi une journée particulière :  les criées étant sans cesse retardées, les cours des  places étrangères fluctuant continuellement, ils recevaient chaque fois de nouveaux spreads et avaient pour consigne d'y aller  mollo.


Donc, tout le monde était sur le pont.  Les lignes téléphoniques n'ont pas cessé de chauffer, le bureau, les correspondants, institutionnels et clients se relayaient au bout du fil : certains nous sonnant directement n'arrivant pas à joindre le bureau.


Avec le temps, j'avais appris à reconnaître via les codes clients, le donneur d'ordre : pas besoin de livres sur la psychologie, l'irrationalité ou les mécanismes  du marché, toute l'information passait sous nos yeux. 


Ce qui se passait pour nous, se passait également dans les autres firmes.  La quantité d'ordres était telle que les criées furent plusieurs fois retardées (ce qui nous arrangeait bien :-) ), pour permettre au système informatique de la Bourse de digérer tous ces contrats.  Une fois les casiers de réceptions des ordres fermés, ce fut une longue attente avant la sortie des balances et le  début des criées, et un nouveau branle-bas de combat : pour les arbitragistes, essayer d'intervenir et pour les autres courrir d'une criée  à l'autre  pour exécuter les ordres tardifs non-encodés.  Heureusement, vu la longueur des  balances,  les criées qui d'ordinaire se passent relativement rapidement,  prenaient jusqu'à 10 minutes voir plus avec les suspensions !  j'avais tellement d'ordres à la vente que j'avais décidé de les inscrire dans mon carnet en rouge du côté achat afin de ne pas perdre toutes ces pages blanches......Il ne restait plus maintenant qu'à relever toutes ces exécutions et les transmettre......Une fois le carnet refermé, je regardais l'horloge : nous avions 3 heures de retard....

Alors que d'habitude, lorsque nous rentrions au bureau (parfois aprés un pot près de la Bourse avec les gars des autres firmes), la journée des employés était presque finie, ce jour là l'encodage des exécutions n'était pas terminé......  Une fois cela fait, il fallait encore attendre le traitement des fichiers (j'en profitais pour sonner à la maison pour dire que l'on ne m'attende pas pour le repas), puis enfin les imprimantes se mirent à cracher les avis d'opéré .    Toute cette masse  d'ordres provoquait un retard  en effet boule de neige.


Le travail continua une bonne partie de la soirée, les yeux rivés sur la séance de Wall Street, chacun se demandant ce qui allait nous arriver demain.......Nous fermames le bureau tard dans la soirée, connaissant la cloture du Dow Jones,  on se donna rendez-vous  dés 7  heures  le lendemain matin, un de nous  se chargeant de passer par le tri postal avec le courrier, seul moyen pour les clients de recevoir leurs  confirmations  dans les temps.


Cette journée a été fabuleuse par l'ambiance qui régnait, tout le monde n'avait à la bouche que "crash 1929", mais c'était également l'inconnu car personne, ni même le plus ancien, n'avait connu cette période.  Extraordinaire, également, car malgré le nombre d'ordres, il n'y eu aucune panne.......juste un peu de retard !  Bien que le niveau de courtage de la journée soit exceptionnel, ce n'était pas un record, par contre le nombre d'exécutions enregistrées sur un jour ne fut plus jamais dépassé.  Pour l'arbitrage, ce fut également une excellente journée, malgré les consignes.  Le fait de devoir intervenir modérément faisait tomber les cours, il n'y avait plus de soutien.........Ils ont gagné plus en décalages de cours qu'en commissions.  


Le lendemain, on vit apparaître à l'achat quelques gros ordres........et le soir WS se stabilisait.......


Cette expérience me servit 2 ans plus tard, le lundi 16 octobre 1989 (tiens, encore un lundi en octobre ?) avec la chute du mur, le marché fut chahuté en Europe suite à la cloture de WS le vendredi........J'ai fait une petite fortune ce jour là avec un reverse d'anthologie à 4 jours de l'expiration des options........mais c'est une autre histoire.


Photo de l'écran du Reuter à la cloture de la séance du 19 octobre 1987.

Repost 0
Published by hk_lisse - dans Commentaires
commenter cet article
10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 16:41

En Bourse, tu n'as pas d'amis.


Alors que je faisais mes premiers pas au parquet, mon mentor qui me présentait les lieux et les intervenants, me répétait à l'oreille après chaque poignée de main : "N'oublies pas, en Bourse, tu n'as pas d'amis.  Tu as des clients, des collègues, des contreparties, des confrères mais pas d'amis ! ".  Sur le moment, je m'interrogeais sur les délires paranoîaques de ce vieux qui m'accompagnait, mais avec le temps, je compris qu'il avait raison.  Un adage qui s'applique même entres estimés confrères de la place parisienne comme le montre l'article de MediaPart, à lire ici.  Encore un papier qui fait mouche  après la série d'exellents articles consacrés à la crise aux caisses d'épargnes.nti_bug_fck
Repost 0
Published by hk_lisse - dans Commentaires
commenter cet article